De sang-froid, Truman Capote

Parution: 28 mars 1972 (?)
Pages (Folio): 506
ISBN: 978-2070360598

Qu’est-ce qu’un roman de non-fiction? 
Quel est le fait divers derrière ce roman? 
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7 étoiles sur 10 !

Résumé de l’éditeur:
Inspiré par un fait divers, le meurtre d’une famille d’agriculteurs par deux jeunes voyous en novembre 1959 dans le Kansas, Truman Capote mène une enquête minutieuse. A force de détails, de témoignages, d’observations, il raconte ce qui a pu se passer sans jamais prendre parti, ni juger. Le ‘non fiction novel’ vient de naître.

Mon avis: C’est un livre qui doit impérativement être lu dans une vie. Vraiment. C’est un sujet très difficile et, encore aujourd’hui, qui n’est jamais traité de ce côté de la médaille. Du côté des meurtriers. Effectivement, le récit met en scène deux criminels qui ont vraiment existé, et qui ont vraiment tué 4 membres d’une même famille de sang-froid, en 1959!

L’auteur, Truman Capote a lu ce fait divers dans les journaux un matin. Ce quadruple meurtre l’a intrigué et il a décidé d’écrire un roman non-fictionnel. C’est ce qui rend le roman aussi bouleversant. Les faits sont réels et on tous prouvés, autrement, ils ne seraient pas présents. Enfin, ça, c’est la version de l’auteur. Des éléments de l’histoire mettent cependant le doute dans l’esprit du lecteur.

Guidés par un narrateur autodiégétique, nous pouvons connaître tout ce que criminels éprouvent. Et c’est cela qui retourne l’estomac des lecteurs! Lorsqu’on lit le roman, on SAIT que la majorité de ce qui est raconté est réel, et suit le plus fidèlement possible ce qui s’est réellement passé ce jour-là du mois de novembre.

C’est un meurtre épouvantable. Mais, lorsqu’on en apprend plus sur la vie des deux malfrats, on comprend. On ne pardonne pas le geste – c’est impossible – mais on comprend. À la fermeture du livre, j’éprouve de la pitié pour eux. De la compassion…

Tout au long de ma lecture, je n’ai pas cessé de m’interroger sur moi-même. De me comparer aux prisonniers : « et moi, si j’avais eu une vie semblable à la leur, qu’aurais-je fait ? »

C’est vraiment un livre à lire, complètement bouleversant. J’ai dû à quelques reprises prendre une pause dans ma lecture parce que je n’étais plus en mesure de lire. Soit je ne voyais plus clair, soit j’étais trop dégoûtée, frustrée du geste cruel des criminels.

Je vous avoue que les 350 premières pages du récit sont difficiles à lire. Elles sont longues : on y pose toutes les bases de ce meurtre si complexe. Mais je vous jure que ça vaut la peine de s’accrocher!